Différences entre les versions de « GTJura (été 2008) littéraire j4 »

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== Mardi 15 juillet 2008, Métabief (942 m) – Mouthe (1000 m), 24 km, 6h 45 de marche ==
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== Mercredi 16 juillet 2008, Mouthe (1000 m) - Arsure-Arsurette : 6 heures de marche, arrêts compris ==
  
''Dénivelés cumulés : 1094 m.''
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''Dénivelés cumulés : journée de repos du chef ! Altimètre de Patrice défaillant ! Point le plus haut : 1140 m au col, limite départementale entre Doubs et Jura.''
  
=== Matinée : de Métabief au chalet auberge la Boissaude, 4 h de marche, arrêts compris ===
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=== Matinée ===
  
''Point le plus haut : le Mont d’Or 1461 m''
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Réveil très agréable avec un beau soleil. De notre chambre, vue dégagée sur '''Mouthe''' ensoleillé, au fond de sa combe. Qui peut imaginer que c’est le village le plus froid de France, surnommé la petite Sibérie (- 41° en 1985) ! Situé au pied du massif du Risoux et frontière avec la Suisse, son histoire est liée à Simon de Crépy, comte de Valois qui vint créer un ermitage près de la source du Doubs en 1077. En revanche, ce matin, la Dame aubergiste est peu aimable et nous plaint le pain et le café.
  
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À 8h50, les sacs bien empilés dans le camion par Alain, nous sommes contents de quitter ce chalet, le moins accueillant du circuit. Marie-Charlotte et Jean-Luc gèrent le Fiat et Patrice, la troupe. On longe le Doubs. Un œil perçant aperçoit un cincle noir et blanc posé sur sa pierre. Photo de départ devant une jolie maison basse de Mouthe, sur la place de l’église.
  
Comme d’habitude, ces gens du Nord ont toujours une demi-heure d’avance sur l’horaire prévu. Alain, bousculé dans ses préparatifs, arrive déjeuner à l’heure annoncée alors que tous les BenB ont déjà terminé et rangent la cuisine. Ce n’est plus du jeu !
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Plein de victuailles pour les pique-nique suivants ; assaut de la fromagerie, de la boulangerie et d’Atac d’où il est difficile d’en sortir les messieurs !!! Les maisons reconstituées et leurs « mounaques » (personnages) font prendre patience.
  
Enfin le soleil! Beau matin de novembre : soleil blanc, brouillard et grande fraîcheur à en juger par la condensation sur les vitres des chambres. Les optimistes, Patrice, se barbouillent de crème solaire et « les pessimistes vont vite avoir très chaud » lance Patrice d’un ton railleur.
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Longue traversée de Mouthe qui n’en finit pas, en direction des Pontets (1004 m). Sur une croupe environnante, se dresse la Croix Grevet. Photo incontournable du célèbre couple, devant sa croix ! Puis, piste goudronnée, qu’un va et vient de camions inonde d’un nuage de poussière irrespirable. La carrière n’est pas loin. On passe aux lieux-dits Ecorchevaches (970 m), des Meix de la Chaux (975 m), du Pré lorrain (1021 m). Brève halte en bordure de la forêt. On continue sur cette route jusqu’aux Pontets.
  
Le camion est conduit par Sylvie et Patrick.
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Appel de Jean-Luc qui s’étonne « Vous n’êtes que là ? » Il se moque !!!
  
Une photo devant le gîte et la « vraie » devant le monument aux morts, seul endroit ensoleillé  à 8h du matin.
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On traverse des pâtures en franchissant toujours ces chicanes parfois très glissantes puis entrons dans la '''forêt de la Haute Joux''' et atteignons un col (1140 m), limite départementale entre le Doubs, que nous quittons et le Jura.  
  
Traversée rapide de la station de Métabief - Mont d’Or. Réputée pour sa piste de descente de VTT (3 km de descente pour une ahurissante dénivelée de 400 m), elle est le centre de nombreux rassemblements internationaux dont les championnats du Monde de la spécialité, en 1993.
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Enfin, dans la forêt, sur l’ancienne route de Mouthe, à 1115 m d’altitude, de superbes troncs d’arbres bien empilés et exposés au soleil semblent nous attendre pour le pique-nique. On guette le chef qui a laissé la voiture à Arsure-Arsurette, l’étape suivante. Il apporte une surprise ! Enfin, Marie Charlotte et lui surgissent du bois. Accueil en fanfare par la chanson de « Petit papa Noël » adaptée, entonnée par Michel, jamais à court d’idées et Alain. « Petit papa Jean-Luc, n’oublie pas notre gobelet » ! La surprise : 5 litres de rosé bien frais, montés à dos d’homme. Juste au moment du fromage ! Merci Chef !!!!!!!
  
A peine dix minutes de marche et la séance déshabillage commence. Patrice avait raison… de se barbouiller ! Remous et rires devant la pancarte : ESF /le plaisir ça s’apprend.
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A l’ombre il fait vite frais, un vent léger se lève apportant quelques nuages dans le ciel bleu. Le bronzage sur les troncs d’arbres au soleil est plus agréable.
  
Les initiés comprendront ; toutes les appréciations portées sur les carnets sont égrenées …encore une bonne occasion de rire.
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=== Après-midi ===
  
Après la station, on entre dans une pâture pour suivre le sentier Morond. On double la''' Fontaine aux oiseaux''' et voici déjà le haut des télésièges, à 1 140 m ; 220 m de dénivelé franchis en trois quarts d’heure ; belle performance. Marie-Charlotte et quelques étourdies fanfaronnent dans un fauteuil censé resté immobile à cette époque. Descendues de peu, voilà le mécanisme qui s‘ébranle : peur rétrospective !! Sentier dans le sous-bois de sapins particulièrement agréable avant d’émerger dans le domaine de ski alpin.
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Il faut cesser la bronzette pour descendre sur l’ancienne route de Mouthe dans des sous-bois reposants, propices à la flânerie et aux rêves. Les langues s’activent. Le chef revenu, Patrice pensait buller tranquillement en serre file mais le chef n’est pas d’accord. C’est sa journée de repos !
  
Du''' belvédère des Cernois''', on distingue le pic Chasserond, (1 607 m). Nous voici sur le sommet du '''mont Morond''' (1419 m). Le temps dégagé offre une très belle vue sur les Alpes et le Mont Blanc.
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La montée au '''belvédère du mouflon''' s’engage mal : sentier envahi par un lac de gadoue. Jean-Luc et Patrice partent explorer les chemins chacun de leur côté. Les plaisanteries fusent « regardez il s’enfonce, sauvez le cubi, un De Profondis pour J.L., une prière à St Patrice. Finalement on suit Patrice Bernard lance un coup de « pouet pouet » pour rameuter les copains qui devisent sagement. Lieu-dit le Touparon (982 m) puis traversée d’une prairie avant de grimper un sentier raide et malcommode. Le détour vaut la peine pour admirer un paysage de collines verdoyantes et de combes dans lesquelles se nichent les villages de Combe Simon, de Mignovillard, de Cerniebaud et à gauche d’Arsure-Arsurette. Une cuesta (rupture de relief) se dessine nettement. Descente au lieu-dit le Mouflon (1101 m) et encore 2km800 avant d’atteindre le centre de vacances d’Arsure, à 925 m d’altitude.  
  
On continue notre ascension vers le '''Mont d’Or''' (1461 m) avec le soleil et la fraîcheur matinale, bien agréables pour marcher. La plénitude des alpages entre les deux monts est un régal. Cadre bucolique qu’offrent ces troupeaux paisibles évoluant dans une flore variée aux couleurs vives. Le lys Martagon a perdu de sa timidité et colonise presque la falaise pour le plus grand bonheur des photographes. Sylvie et Patrick nous ont rejoints. Patrick essaye de tirer le portrait d’une génisse avec son percing dans les naseaux.
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Accueil sympathique, par un hôte plein d’humour qui met toutes les chambres à notre disposition. On ne se prive pas de s’étaler. BenB offre bière et jus de fruit pour se remettre de l’expédition.  
  
Arrêt au '''belvédère des Chamois''' (1420 m) qui offre un dernier panorama sur le Mont d’Or, étonnante falaise de calcaire blanc, haute de 1461 m, taillée à pic, et que nous foulons enfin. Patrice effraye la compagnie en jouant l’équilibriste sur le bord de la falaise. De loin, l’effet est assuré.
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Chacun vaque à ses occupations : douche, descente à la Fruitière du village, endroit où on vend le fromage mais qui, autrefois était l’endroit où l’on faisait fructifier le lait, d’où le nom. Ce terme semble remplacer celui de coopérative car on le retrouve aussi pour la vente du vin. D’autres questionnent notre hôte sur la fabrication du Comté ; il répond volontiers :
  
Halte, le temps de s’imprégner de la beauté du paysage et de la paix qui s’en dégage, traversée de prairies. Nous croisons le chalet la Blonay et arrivons au chalet auberge la Boissaude.
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« Le Comté se fabrique exclusivement à partir du lait de la Montbéliarde qui doit bénéficier au minimum d’un hectare de prairie naturelle très peu fertilisée. L’hiver, elle est nourrie avec du foin. Tout produit fermenté est exclu. Il faut 12 litres de lait pour fabriquer un kg de Comté. Pour obtenir l’AOC, le lait doit être travaillé au plus tard 36 heures après la traite afin de lui conserver toute sa richesse naturelle. Il faut donc le collecter aussi la nuit. Les agriculteurs se groupent en GAEC pour améliorer leur qualité de vie ».
  
Pique nique champêtre, sur les talus, face à la forêt, parmi les vaches qui, intriguées viennent nous examiner de très près. Les Poteau offrent du Morbier, fromage peu connu. Un café consommé au soleil, sur le talus de l’auberge, termine un pique-nique détendu.
 
  
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=== Soirée ===
  
=== L’après-midi : de la Boissaude au chalet de la source du Doubs, 4 h 15 de marche, arrêts compris ===
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Sabine, Marie Jo et Bernard offrent l’apéritif pour fêter le séjour dans le Jura et proposent un excellent vin blanc « côte du Jura ».
 
 
Danièle et Sabine se chargent du camion. A peine dix minutes de marche et Jean-Luc s’arrête, l’air soucieux : mes lunettes ! Fouille nerveuse du sac, coup de fil à l’auberge. Il part en courant les rechercher. Joie de la marche en prairie : Patrice écrase une bouse !
 
 
 
Après les pâturages, les sous-bois, les pistes, halte au chalet la Vannode (1175 m). JPD souffre de son genou et terminera la rando dans le Fiat qui doit nous retrouver à cet endroit. Deux dames surveillent des génisses appartenant à des propriétaires, en compagnie d’un charmant jeune chien tout fou très démonstratif. Le grand calme, le soleil qui chauffe sont propices à une sieste salvatrice. Et les corps s’allongent dans l’herbe fraîche, la casquette sur les yeux. Au bout d’une demie heure et grâce au portable, Jean Luc s’aperçoit que nous ne sommes pas au bon endroit. On chemine à travers bois pour retrouver le camion à la grange Bousson (1120 m). Catherine lance d’un ton définitif : « on a trop de lignes sur les cartes, on y voit rien, on s’embrouille et on se perd ! »
 
  
Descente sur la route forestière de la '''Combe Bongnon''' (958 m). Quelques escaliers et nous voici à la '''source du Doubs''' (947 m). Doubs voudrait dire Douteux ? Une cascade puissante dégringole d’une imposante falaise et alimente un cours d’eau qui serpente le long de rives douces, propices à la détente. La bergeronnette des ruisseaux et le cincle plongeur sont les oiseaux caractéristiques de cet endroit.
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Sylvie est contrariée : elle a cassé son lit et Patrick, ses lunettes. Interrogation des esprits taquins.  
  
Nous sommes à deux pas du chalet de la Source, notre gîte de ce soir. Au chalet, tout le monde s’effondre devant une bière ou un Perrier et Frédérique offre des gaufrettes au goût de noisette, très appréciées.
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Le Chef présente le programme de jeudi, mais l’attention de ses brebis, déjà difficile à retenir, est captivée par l’arrivée de deux roulottes tirées par les chevaux. Deux étaient déjà présentes. A la suggestion de remplacer le camion par des chevaux, le cri du cœur fuse de la bouche de notre pauvre Jean-Luc: « Jamais ! je dois déjà m’occuper des filles et des mecs ; et encore des chevaux, jamais » !
  
=== Soirée ===
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Les rencontres ne sont pas terminées : un couple arrive au gîte. La jeune femme a les talons qui ne supportent guère que les tongues. Ils partagent notre apéritif et la discussion s’engage.
  
Après la douche (une pour dix !) Maïté et Patrice offrent l’apéritif en l’honneur d’un lieu-dit, situé à l’ouest de Mouthe, qui porte le nom de croix Grevet. Dégustation bucolique, près de la source, d’un délicieux vin blanc d’Arbois, un Chardonnay.Ce soir, l’animation du repas vient du projet de Michel et de JPW : nous faire des crêpes !
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Le repas, excellent, crudités, poulet au comté, glace, est particulièrement animé par les histoires diverses et très grivoises de Bernard, JPW, Alain et Michel qui renchérissent. Les Belges régalent mais aussi les Auvergnats. La cuisinière, qui explique la recette de son poulet, pas évidente à réussir aussi bien, j’ai essayé, est chaleureusement remerciée par un hymne à la frite, tonitruant. La minute culturelle a dévié, « J’ai honte » dit le chef.
  
Le chef encore aux abois ! Après ses bâtons et ses lunettes, il ne trouve plus la clé du camion. Glissée dans ma poche pendant qu’il s’affairait au réglage de mon sac, j’avais oublié de la rendre. On ne fait pas d’abdos mais qu’est-ce qu’on se détend !....souvent aux dépens des autres !
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Toujours à la recherche de bonnes âmes pour prendre la relève du compte-rendu, Patrick a une proposition particulièrement condensée :
  
Promenade digestive vers la rivière et génépi pour ceux qui ne travaillent pas ! Je proteste !
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<center>« Aujourd’hui ya fait biau, chéto bien, demain y fra moins biau, che chra moins bien ! ».</center>
  
22 h : tout le monde est au lit, comme les colons, et dort.
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Revenons à l’organisation du jeudi : le camion sera conduit par Gilbert en compagnie de la nouvelle recrue temporaire. Encore un sujet de taquineries.
  
 
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Version actuelle datée du 2 octobre 2008 à 22:29



Mercredi 16 juillet 2008, Mouthe (1000 m) - Arsure-Arsurette : 6 heures de marche, arrêts compris[ ]

Dénivelés cumulés : journée de repos du chef ! Altimètre de Patrice défaillant ! Point le plus haut : 1140 m au col, limite départementale entre Doubs et Jura.

Matinée[ ]

Réveil très agréable avec un beau soleil. De notre chambre, vue dégagée sur Mouthe ensoleillé, au fond de sa combe. Qui peut imaginer que c’est le village le plus froid de France, surnommé la petite Sibérie (- 41° en 1985) ! Situé au pied du massif du Risoux et frontière avec la Suisse, son histoire est liée à Simon de Crépy, comte de Valois qui vint créer un ermitage près de la source du Doubs en 1077. En revanche, ce matin, la Dame aubergiste est peu aimable et nous plaint le pain et le café.

À 8h50, les sacs bien empilés dans le camion par Alain, nous sommes contents de quitter ce chalet, le moins accueillant du circuit. Marie-Charlotte et Jean-Luc gèrent le Fiat et Patrice, la troupe. On longe le Doubs. Un œil perçant aperçoit un cincle noir et blanc posé sur sa pierre. Photo de départ devant une jolie maison basse de Mouthe, sur la place de l’église.

Plein de victuailles pour les pique-nique suivants ; assaut de la fromagerie, de la boulangerie et d’Atac d’où il est difficile d’en sortir les messieurs !!! Les maisons reconstituées et leurs « mounaques » (personnages) font prendre patience.

Longue traversée de Mouthe qui n’en finit pas, en direction des Pontets (1004 m). Sur une croupe environnante, se dresse la Croix Grevet. Photo incontournable du célèbre couple, devant sa croix ! Puis, piste goudronnée, qu’un va et vient de camions inonde d’un nuage de poussière irrespirable. La carrière n’est pas loin. On passe aux lieux-dits Ecorchevaches (970 m), des Meix de la Chaux (975 m), du Pré lorrain (1021 m). Brève halte en bordure de la forêt. On continue sur cette route jusqu’aux Pontets.

Appel de Jean-Luc qui s’étonne « Vous n’êtes que là ? » Il se moque !!!

On traverse des pâtures en franchissant toujours ces chicanes parfois très glissantes puis entrons dans la forêt de la Haute Joux et atteignons un col (1140 m), limite départementale entre le Doubs, que nous quittons et le Jura.

Enfin, dans la forêt, sur l’ancienne route de Mouthe, à 1115 m d’altitude, de superbes troncs d’arbres bien empilés et exposés au soleil semblent nous attendre pour le pique-nique. On guette le chef qui a laissé la voiture à Arsure-Arsurette, l’étape suivante. Il apporte une surprise ! Enfin, Marie Charlotte et lui surgissent du bois. Accueil en fanfare par la chanson de « Petit papa Noël » adaptée, entonnée par Michel, jamais à court d’idées et Alain. « Petit papa Jean-Luc, n’oublie pas notre gobelet » ! La surprise : 5 litres de rosé bien frais, montés à dos d’homme. Juste au moment du fromage ! Merci Chef !!!!!!!

A l’ombre il fait vite frais, un vent léger se lève apportant quelques nuages dans le ciel bleu. Le bronzage sur les troncs d’arbres au soleil est plus agréable.

Après-midi[ ]

Il faut cesser la bronzette pour descendre sur l’ancienne route de Mouthe dans des sous-bois reposants, propices à la flânerie et aux rêves. Les langues s’activent. Le chef revenu, Patrice pensait buller tranquillement en serre file mais le chef n’est pas d’accord. C’est sa journée de repos !

La montée au belvédère du mouflon s’engage mal : sentier envahi par un lac de gadoue. Jean-Luc et Patrice partent explorer les chemins chacun de leur côté. Les plaisanteries fusent « regardez il s’enfonce, sauvez le cubi, un De Profondis pour J.L., une prière à St Patrice. Finalement on suit Patrice Bernard lance un coup de « pouet pouet » pour rameuter les copains qui devisent sagement. Lieu-dit le Touparon (982 m) puis traversée d’une prairie avant de grimper un sentier raide et malcommode. Le détour vaut la peine pour admirer un paysage de collines verdoyantes et de combes dans lesquelles se nichent les villages de Combe Simon, de Mignovillard, de Cerniebaud et à gauche d’Arsure-Arsurette. Une cuesta (rupture de relief) se dessine nettement. Descente au lieu-dit le Mouflon (1101 m) et encore 2km800 avant d’atteindre le centre de vacances d’Arsure, à 925 m d’altitude.

Accueil sympathique, par un hôte plein d’humour qui met toutes les chambres à notre disposition. On ne se prive pas de s’étaler. BenB offre bière et jus de fruit pour se remettre de l’expédition.

Chacun vaque à ses occupations : douche, descente à la Fruitière du village, endroit où on vend le fromage mais qui, autrefois était l’endroit où l’on faisait fructifier le lait, d’où le nom. Ce terme semble remplacer celui de coopérative car on le retrouve aussi pour la vente du vin. D’autres questionnent notre hôte sur la fabrication du Comté ; il répond volontiers :

« Le Comté se fabrique exclusivement à partir du lait de la Montbéliarde qui doit bénéficier au minimum d’un hectare de prairie naturelle très peu fertilisée. L’hiver, elle est nourrie avec du foin. Tout produit fermenté est exclu. Il faut 12 litres de lait pour fabriquer un kg de Comté. Pour obtenir l’AOC, le lait doit être travaillé au plus tard 36 heures après la traite afin de lui conserver toute sa richesse naturelle. Il faut donc le collecter aussi la nuit. Les agriculteurs se groupent en GAEC pour améliorer leur qualité de vie ».


Soirée[ ]

Sabine, Marie Jo et Bernard offrent l’apéritif pour fêter le séjour dans le Jura et proposent un excellent vin blanc « côte du Jura ».

Sylvie est contrariée : elle a cassé son lit et Patrick, ses lunettes. Interrogation des esprits taquins.

Le Chef présente le programme de jeudi, mais l’attention de ses brebis, déjà difficile à retenir, est captivée par l’arrivée de deux roulottes tirées par les chevaux. Deux étaient déjà présentes. A la suggestion de remplacer le camion par des chevaux, le cri du cœur fuse de la bouche de notre pauvre Jean-Luc: « Jamais ! je dois déjà m’occuper des filles et des mecs ; et encore des chevaux, jamais » !

Les rencontres ne sont pas terminées : un couple arrive au gîte. La jeune femme a les talons qui ne supportent guère que les tongues. Ils partagent notre apéritif et la discussion s’engage.

Le repas, excellent, crudités, poulet au comté, glace, est particulièrement animé par les histoires diverses et très grivoises de Bernard, JPW, Alain et Michel qui renchérissent. Les Belges régalent mais aussi les Auvergnats. La cuisinière, qui explique la recette de son poulet, pas évidente à réussir aussi bien, j’ai essayé, est chaleureusement remerciée par un hymne à la frite, tonitruant. La minute culturelle a dévié, « J’ai honte » dit le chef.

Toujours à la recherche de bonnes âmes pour prendre la relève du compte-rendu, Patrick a une proposition particulièrement condensée :

« Aujourd’hui ya fait biau, chéto bien, demain y fra moins biau, che chra moins bien ! ».

Revenons à l’organisation du jeudi : le camion sera conduit par Gilbert en compagnie de la nouvelle recrue temporaire. Encore un sujet de taquineries.