Rome (hiver 2013)/littéraire/j2

De Entre Amis
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Lundi 25 février, le Colisée, le Palatin, les forums

Matinée

Nous quittons la pension à 8 heures 10 sous un ciel très sombre pour nous diriger vers le Colisée. Joëlle nous fait presser le pas afin d’arriver les premiers dans la file d’attente. Elle se méfie toujours de l’humeur changeante et parfois pointilleuse des contrôleurs à l’entrée du site. Nos bonshommes jaune-fluo sont très efficaces pour faire traverser les rues passantes.

Le Colisée

Le Colisée, terme dérivé de colosse, est une appellation tardive ; il était appelé amphithéâtre Flavien par les Romains. Symbole des plus grands édifices de spectacles réalisés par ces derniers, il a inspiré ceux de Nîmes et d’Arles.

À l’agréable surprise de Joëlle, nous entrons rapidement dans le site, sans objection des gardiens !

Très vite le ciel se déchaîne, des trombes d’eau s’abattent. Nous nous réfugions dans les galeries, pour écouter les explications de Joëlle, puis nous nous réchauffons dans la boutique en attendant une accalmie. Finalement, entre deux averses, nous arrivons à déambuler dans les gradins et dans l’ensemble du théâtre pour mieux comprendre le fonctionnement de cette œuvre d’art, extraordinaire prouesse technique pour l’époque. Les Romains ont tout inventé ou presque !

Le Colisée
ensemble colossal de quatre niveaux, a été érigé à partir de 72 par Vespasien devenu empereur en 69 et fondateur de la dynastie des Flaviens, sur la domus de Néron qui s’étend jusqu’au Palatin, à l’emplacement du lac que Néron avait fait creuser dans une dépression. Près de ce lac, se dressait la statue colossale en bronze doré de Néron qui porte une couronne radiée par identification au soleil. Sa tête a été remplacée d’abord par celle de Vespasien puis par celle de Constantin.
Vespasien fit élever les deux premiers niveaux. Son fils Titus fit élever les deux autres. L’ensemble fut achevé sous le second fils, Domitien.
Les fonctions du Colisée
fonction de divertissement sous forme de jeux publics et gratuits : scènes de chasse, de naumachie − représentation d’un combat naval −, de combats de gladiateurs dont l’hoplomachie pratiquée par les hoplomaques, gladiateurs revêtus d’une armure complète ;
fonction politique en rassemblant les citoyens au théâtre − seuls les hommes sont des citoyens actifs et les romains des hommes libres.
Le bâtiment Colisée
pour réaliser cet ensemble colossal, les ouvriers romains étaient organisés en équipes de travail ;
  • plan semi-circulaire devenu ici plan elliptique ; ce sont les deux formes de théâtre chez les romains ;
  • façades en travertin et murs intérieurs en briques ;
  • fondations en béton, sur un bandeau en ellipse implanté dans le lac asséché ;
  • système de supports radians avec des voûtes en oblique dans lesquelles sont construits les escaliers ;
  • deux galeries circulaires concentriques. Pas moins de 80 entrées avec un secteur réservé, la cavéa où sont installés les gradins qui s’étagent sur trois niveaux. Les spectateurs sont regroupés selon leur rang social : l’empereur dans sa tribune située en avant des gradins, les aristocrates dans les gradins et le peuple debout. Marc-Aurèle lisait souvent son courrier pendant les jeux interminables ;
  • trois styles de colonnes supportent les quatre niveaux. De bas en haut : l’ordre toscan, variation romaine de l’ordre dorique, le ionique, le corinthien. Le dernier niveau, l’attique est orné de pilastres à section carrée ;
  • trous dans lesquels étaient enfoncées les consoles qui soutenaient le velum, parfaitement visibles. ;
  • velum ou velarium : grande toile tendue au dessus des spectateurs pour les protéger du soleil, accrochée à des bornes d’amarrage plantées à l’extérieur du bâtiment. ;
  • au sous-sol, dédale souterrain où les animaux étaient gardés dans des cages, soulevées jusqu’à l’arène par un treuil, l’ancêtre de notre ascenseur !

Vers 10 heures, bien réchauffés dans la boutique du Colisée et après avoir jeté un coup d’œil sur l’exposition de pièces archéologiques trouvées dans les fouilles, nous courrons sous une pluie battante jusqu’au Palatin, la colline voisine, en jetant un coup d’œil à l’arc de Constantin, érigé en 315 par le Sénat et le peuple pour commémorer la victoire de Constantin sur Maxence en 312. Beaucoup de ses décorations viennent de monuments plus anciens.

Le Palatin

Colline la plus célèbre de Rome parce qu’accrochée à la légende des origines de la ville, comme le Capitole :

  • les bergers qui ont trouvé les jumeaux, Rémus et Romulus, sur la rive du Tibre, y eurent la révélation de leur destinée royale. Les jumeaux fondent une ville sur le lieu où ils ont été sauvés. Une lutte fratricide éclate et se solde par l’assassinat de Rémus ;
  • des preuves récentes : Après la seconde guerre mondiale, lors de fouilles sur ce site, les archéologues exhumèrent des restes de cabanes datant du milieu de VIIIe s. avant J.-C. En 2007, des archéologues pensent avoir sondé, sous le Palatin, le mythique lupercal, grotte où la louve allaitait les jumeaux ;
  • au Iers. avant J.-C., Auguste mit fin aux guerres civiles − querelles incessantes entre les généraux − et se présente comme le re-fondateur de Rome. Il se fait construire une maison près du lieu où était vénérée la casa Romuli ;
  • la légende est réactivée dans l’Enéide, long poème de Virgile ;
  • des fouilles récentes montrent que des populations italiques vivaient ici dès le Xe s. avant J.-C.

L’occupation du Palatin, centre de Rome à l’époque des rois, évolua selon les époques, devenant simple quartier résidentiel sous la République, retrouvant son prestige sous l’Empire avec le palais des empereurs dont la maison d’Auguste, qu’il voulut modeste pour renouer avec les vertus républicaines et à côté, celle de son épouse Flavie. La destruction du réseau des aqueducs par les Barbares fit déserter les collines et le Palatin est laissé à l’abandon jusqu’aux XVIes., époque de la mode des jardins belvédères. La mode passée, il fut de nouveau délaissé.

Actuellement on se promène dans un ensemble de ruines en briques rouges, on prend plaisir à flâner dans les jardins Renaissance en restauration, et jouir de la une vue extraordinaire sur les sept collines de la ville… par temps dégagé ! Le ciel se retient de fondre, de fugitifs coins de ciel bleu apparaissent. En arrivant à la maison d’Auguste, grosse déception : les visites sont interdites aujourd’hui. Joëlle est agacée car elle avait bien vérifié les horaires la veille mais en même temps désabusée. C’est souvent comme ça ! Surprise ! Surprise !

La Domus Flavia

La Domus Flavia est construite par Domitien, second fils de Vespasien. Le Palatin était formé de deux collines séparées par une dépression. Une colline était couverte de maisons et de temples mais l’autre trop pentue pour être construite. L’architecte fit donc combler en partie la dépression pour construire la Domus Flavia. La caractéristique des domus − domus Aurea de Néron, domus d’Auguste − est leur ampleur d’où leur nom de palais ;

  • la maison romaine est fermée et s’organise autour d’une cour ;
  • coup d’œil à l’étonnante salle à manger flottante ;
  • le stade en contrebas, qui ici est plutôt un hippodrome, lieu de promenade à cheval, à la différence du cirque qui accueille les courses de chevaux ou de chars. Le stade, d’origine grecque, est le lieu où se déroulaient les compétitions athlétiques. Nous y distinguons parfaitement :
    • le portique : galerie couverte, avec ses colonnes engagées ;
    • le lieu de déambulation ;
    • au fond, l’arène elliptique d’origine Théodorine (roi Goth chrétien, ce qui signifie que les Barbares ont réinvesti les espaces).

Profitant d’une éclaircie durable, tous accoudés à la balustrade d’une terrasse en surplomb dans les jardins du Palatin, Joëlle propose une séance interactive : reconnaître ou découvrir les édifices connus ou inconnus dont cette ancienne centrale électrique de la périphérie de Rome, l'usine Montemartini, abandonnée depuis longtemps, qui a trouvé un nouvel emploi particulièrement insolite : abriter une partie des collections d'œuvres antiques des musées du Capitole devenus trop étroits.

Pique-nique ultra rapide de 15 minutes dans ces jardins, pratiquement tous debout, scrutant le ciel qui respecta notre repas. À 13 heures 15, descente vers le forum romain.

Visite pas à pas du Forum romain en suivant la Via Sacra

Du IVe s. av. J.-C. au début du VIIe s. apr. J.-C., presque onze siècles de civilisation romaine se sont concentrés dans cette dépression coincée entre le Capitole et le Palatin. Deux arcs ferment le site, l’arc de Titus et l’arc de Septime Severe, reliés par la Via Sacra, cette longue avenue qui traverse le forum et qu’empruntaient les processions religieuses et triomphales en direction du Capitole.

  1. Le Cryptoporticus
    Nous descendons dans le cryptoporticus, réseau de couloirs souterrains, créé par Néron, pour relier sa Domus Aurea aux autres palais.
  2. L'arc de Titus
    • arc d’une seule arche, construit par l’empereur Titus, à la limite du forum qui s’est rempli à partir du Capitole. Il célébrait la prise de Jérusalem par Titus ;
    • orné de superbes bas-reliefs montrant :
      • la cérémonie du Triomphe : les vainqueurs vêtus de rouge, traversent la ville, exhibant le butin et les prisonniers ; Titus et la Victoire ailée, sur son char tiré par un quadrige ; la procession se termine au Capitolin où le Generator rend les vêtements rouges ;
      • le célèbre chandelier à sept branches, référence au triomphe sur le peuple juif lors de la prise du Temple de Jérusalem.
  3. La basilique de Maxence et de Constantin
    • commencée par Maxence et achevée par Constantin, construite à l’extrémité du forum romain ;
    • avant l’an 500 de notre ère, la basilique est un lieu de rencontre, un espace destiné aux affaires sociales, commerciales et judiciaires. Sous l’Empire, la justice est rendue par l’empereur ;
    • plan au sol rectangulaire, divisé en trois nefs ;
    • extraordinaire volume intérieur qui abritait des statues grandioses ;
    • sous Maxence, l’entrée était à droite ; sous Constantin, l’entrée est au niveau des quatre colonnes de porphyre que nous repérons difficilement dans la végétation ;
    • dans l’axe de cette entrée, Constantin fait construire une énorme abside avec un podium sur lequel était dressée la statue de l’empereur ;
    • voûtes en caissons pour en alléger le poids et servir de décoration ;
    • acoustique idéale pour les concerts de musique classique qui y sont donnés de nos jours.
  4. Le temple de Romulus divinisé
    • édifice circulaire construit par Maxence pour son fils Romulus ;
    • superbe façade avec colonnade et deux colonnes de porphyre, une porte en bronze du IVe s après J.-C. ;
    • Constantin a transformé le temple en vestibule de la préfecture ;
    • le christianisme a muté l’édifice en église qui fut ainsi protégé des pillages. À l’intérieur, des fresques médiévales.
    Le temple est la maison de la divinité matérialisée par la statue de culte. La cella est une salle fermée qui ne contient que la statue. Les prêtres entretiennent le lieu et la statue. Le culte se déroule à l’extérieur du temple, sur un autel, ou sur l’émarchement. Moutons, cochons, taureaux sont les sacrifices sanglants offerts par les nobles. C’est l’occasion de manger de la viande qui est grillée.
    La divinisation est l’acte de porter un être humain décédé au rang d’un Dieu sans toutefois qu’il devienne un dieu. En effet, les dieux sont immortels et la personne est mortelle. Son âme monte au ciel après sa mort telle celle de Romulus. Octave obtint la divinisation de César, son père adoptif, après son assassinat. Sur la voûte de l’arc de Titus, l’Apothéose de Titus montre son âme emportée au ciel par un aigle.
    Les êtres humains divinisés sont les Diwi.
  5. Le temple d’Antonin et de Faustine
    • six colonnes corinthiennes se dressent sur un très haut podium en roche volcanique, précédé d’un grand émarchement. Derrière les colonnes, il y avait le sanctuaire.
    • transformé en église au VIIIe s., reconstruite au XVIIe s. avec une façade baroque en retrait par rapport à la colonnade. Après le sac de Rome par Charles Quint en mai 1527, toutes les églises reconstruites ont une coupole ;
  6. Le temple de Vesta, déesse du Feu domestique, et la maison des Vestales
    • le temple de Vesta est de forme ronde, peut être en souvenir des huttes primitives ;
    • le Feu sacré de la ville de Rome est entretenu jour et nuit à flamme nue, par le collège des Vestales, filles choisies très jeunes dans les grandes familles patriciennes. Elles devenaient prêtresses pendant trente ans − dix ans de formation, dix ans de pratique et dix d’enseignement aux nouvelles. Elles faisaient vœu de chasteté et si elles fautaient, elles étaient enterrées vivantes. Elles jouissaient de privilèges honorifiques comme la place privilégiée au cirque, celui d’être affranchie de l’autorité paternelle − une femme romaine était mineure toute sa vie −, celui de demander la grâce d’un condamné. Elles représentaient la société :
    • la maison des Vestales était une vaste demeure se déroulant autour d’un atrium, cour à péristyle entourée de statues de vestales posées sur un socle portant des inscriptions en rapport avec elles, et d’un bassin central.
  7. Le temple de César divinisé
    Nous en faisons le tour à la recherche d’une surprise, très particulière prévient Joëlle. À l’abri des regards, un bouquet de fleurs fraîches toujours renouvelé rappelle l’endroit où César fut spontanément incinéré par la foule pour lui rendre hommage − César soutenait le peuple alors que le Sénat était du côté des patriciens. Ce temple fut édifié par Auguste, à la mémoire de César, après des funérailles somptueuses. Le corps du défunt fut porté sur la tribune d’Eros devant l’arc de Titus.
  8. L'arc d'Actium
    Nous passons sous l’arc érigé en mémoire de la bataille d’Actium où Auguste vainquit la coalition de Marc-Antoine et de Cléopâtre. Il enjambait la via Sacra au niveau du temple de César et fut démoli au XVIe s.
  9. Le temple des Dioscures, Castor et Pollux
    Castor et Pollux, fils jumeaux de Jupiter, dont il ne reste que trois magnifiques colonnes corinthiennes de l’époque d’Auguste. Élevé dès le Ves av. J.-C. mais les ruines actuelles datent de l’an 6 après J.-C.
  10. La Curie
    • C'est le lieu de réunion du Sénat ;
    • transformée en église au VIIe siècle, ce qui la sauva de la destruction. ;
    • commencée en 44 av. J.-C., elle fut terminée par Auguste ;
    • les Sénateurs prenaient place sur des gradins ;
    • les portes en bronze sont des copies, celles d’origine furent transportées à Saint-Jean-de-Latran au XVIIe s.
    Nous visitons le minuscule musée installé à l’intérieur qui rassemble de très beaux bas-reliefs, une face présentant Trajan faisant acte de bienfaisance, en l’occurrence décidant l’annulation des dettes et l’autre face, les animaux destinés à être sacrifiés aux dieux, splendides bêtes !
  11. Le temple de Saturne
    • construit dès les Ves. av. J.-C. mais les vestiges actuels datent du IVe s. apr. J.-C. ;
    • très haut podium recouvert de travertin, dans lequel était gardé le trésor de la ville de Rome ;
    • huit superbes colonnes ioniques, monolithiques.
    Arrêt surprise : la minute littéraire. Nous sommes à la fin de la République (509 à 27 av. J.-C.), les sénateurs se réunissaient parfois dans les temples et en particulier dans celui de Saturne. Patrice et Michel, très inspirés, prononcent la 4e catilinaire, l’un en latin et l’autre traduisant. Les Catilinaires, série de quatre célèbres discours de Cicéron, consul, prononcés en 63 av. J.-C., pour attaquer Catilina, qui conspirait contre la République romaine lors de sa conjuration.
  12. Les rostres
    tribune d’où s’exprimaient les orateurs. Elle est décorée d’éperons de navire en bronze pris à Antium en 388 av. J.-C. Ils lui donnèrent son nom. Elle dominait les assemblées populaires au tout début de Rome et fut le témoin de grands discours et de bien des incidents.
  13. La basilique Æmilia
    C'est l’une des trois basiliques civiles du Forum de Rome. Elle porte le nom d’un des consuls qui la fit construire en 179 av. J.-C. Ses dimensions et la division intérieure sont comparables à celles de nos cathédrales gothiques. Lui fait face la basilique Julia, commencée par César et terminée sous Auguste, dédiée aux petits-fils d’Auguste. Entre les deux basiliques, la colonne de Phocas ou di Foca, le monument le plus récent du Forum, élevé en 606, en l’honneur de l’empereur byzantin Phocas qui, lors d’une visite à Rome, offrit le Panthéon au pape.
  14. Nous avons traversé le forum et arrivons à l’arc de Septime Sévère, érigé en 203 pour célébrer le 10e anniversaire de son avènement.

Ainsi se termine la visite minutieuse et détaillée du Forum romain.

Les Forums impériaux, de César (46 av. J.-C.) à Trajan (113)

À la sortie du Forum romain, s’élève devant nous l’imposant monument en calcaire blanc construit en l’honneur du Roi Victor-Emmanuel II, à côté de l’atelier monétaire de Rome et du temple de Junon Moneta sur lesquels se dresse l’église du Capitole, Santa Maria in Aracoeli.

  1. Le Forum de César
    Au pied du monument en l’honneur du Roi Victor-Emmanuel II, le forum de César s’étale en un immense espace entouré de portiques. Il se développe derrière la Curie, parallèlement au Forum romain, jusqu’à un temple avec trois colonnes remontées.
    César décide de construire son propre forum impérial, première manifestation de l’apparition du pouvoir personnel. Les trois colonnes sont les restes du sanctuaire du temple dédié à Venus Genetrix. Perché sur son podium, le temple dominait une place à portiques abritant des boutiques. Il fut ravagé par un incendie en 80. Le forum communique avec la Curie.
  2. Le Forum d’Auguste
    Auguste fit construire ce forum pour célébrer sa victoire contre les meurtriers de César. Actuellement à moitié recouvert par la Via die Fori Imperiali ouverte par Mussolini, il s’étendait du forum de César à un haut mur qui le protégeait des incendies du quartier populaire de Suburre. Au centre s’élevait le temple de Mars Vengeur de César reconnaissable à son émarchement craquelé et aux trois colonnes corinthiennes.
  3. Le Forum de Nerva, empereur de la dynastie des Antonins, se développe parallèlement au forum d’Auguste. Nerva termina en 97 ce forum commencé par Domitien. Sa place reliait le forum d’Auguste au forum de Vespasien construit en 70 d’où son nom de Forum Transitorium.
  4. Le Forum de Trajan et la colonne Trajan
    Le forum de Trajan, le plus grand et le plus fastueux des forums impériaux, est relié au forum d’Auguste par un arc de triomphe.
    La colonne Trajan échappa à la destruction grâce au pape Grégoire le Grand qui déclara le terrain autour de la colonne, espace sacré. Haute de 40 m, hauteur du contrefort du Quirinal que l’architecte Apollodore de Damas fit aplanir. Elle est célèbre par ses sculptures en spirale qui relatent les guerres daciques (Roumanie) depuis le départ de Rome jusqu’à la retraite des ennemis. Elle était surmontée de la statue de Trajan qui fut remplacée par celle de saint Pierre à la fin du XVIes. Le fût composé de 18 cylindres en marbre de Carrare, marbre blanc qui absorbe la lumière, abrite un escalier en colimaçon. Le socle renferma longtemps une urne en or contenant les cendres de Trajan et de sa femme Plotina.

Le Capitole

Nous quittons les forums impériaux. Joëlle jongle avec tous ces sites, monuments et empereurs dont elle parle avec passion à un auditoire attentif, réceptif, ébahi mais qui aura besoin de quelques révisions pour assimiler toutes ces informations qui s’embrouillent insidieusement. Nous passons devant le temple de Venus, puis en bout du forum de César nous grimpons, avec nos dernières forces, l’escalier qui monte au Capitole, encouragés par quelques rayons de soleil bienvenus. Voici la louve capitoline, agressive. La louve antique a l’allure maternelle.

La colline du Capitole est composée de deux sommets, le Capitolium et l’Arx séparés par une dépression, l’Asylum. Forteresse naturelle dont la fonction militaire déclina au profit de la fonction religieuse, Tarquin y fit bâtir le grand temple dédié à la triade capitoline, Jupiter, Junon et Minerve. Il fut longtemps le centre de l’ancienne religion romaine.

La place du Capitole occupe la dépression centrale de la colline sacrée. Elle fut aménagée d’après les plans de Michel-Ange sollicité par Paul III. Elle est trapézoïdale, décorée d’un magnifique pavement géométrique de Michel-Ange. En son centre, se dresse une copie de la statue équestre en bronze de Marc-Aurèle, Michel-Ange aurait construit le socle. Cette statue doit son salut à la confusion entre Marc-Aurèle et Constantin, le premier empereur à protéger les chrétiens.

Trois des quatre côtés de la place sont occupés par des palais :

  • au fond, le palais sénatorial, entièrement restauré et agrémenté d’une fontaine, construit sur le Tabularium, fond du forum romain. Autrefois sa façade était tournée vers le forum romain ;
  • deux palais identiques, les musées capitolins qui se font face : le musée du palais des Conservateurs et le musée du palais Neuf.

Le quatrième côté, protégé par une balustrade, s’ouvre sur le grand escalier de Michel-Ange, le Cordonata et offre une vue dégagée sur le Champ de Mars et Saint-Pierre de Rome. Cet escalier majestueux est décoré à son sommet, des statues colossales des Dioscures, Castor et Pollux à côté de leurs chevaux, de statues antiques sur les bords des marches et en bas de deux magnifiques lions égyptiens.

Il est 17 heures. Joëlle a terminé son contrat, selon son expression pleine d’humour. La tête ivre d’Histoire antique et de monument, les jambes fourbues, nous regagnons notre pension en jetant un dernier coup d’œil à cette succession de forums que nous longeons, essayant de reconnaître et nous remémorer les noms de tous ces monuments.

À 18 heures 15, nous sommes présents à l’AG habituelle.

Dîner à la pension, avec les pâtes en entrée !

Le parcours

Durée totale : 9 heures.
Méteo :

  • Longueur de l'itinéraire : 11 km
  • Dénivelé positif cumulé : 90 m
  • Dénivelé négatif cumulé : 90 m
  • Altitude maxi : 60 m
  • Altitude mini : 5 m
  • Altitude moyenne : 28 m