Tour du Mont-Blanc (été 2006) littéraire j0

De Entre Amis
Aller à : navigation, rechercher



Samedi 19 août : Lens, Salomé, Les Contamines-Monjoie

J’ai rendez-vous chez Marie-Jo à Salomé à 5 heures, pour y déposer ma voiture. Café, pendant que Marie-Jo s’active pour boucler son sac sous le regard inquiet de son époux. A 5 h 10, arrivée de Jean-Pierre, qui a déjà dans sa voiture Angéline et Catherine. 5 h 35 départ.

Bonne route. Peu de pluie.

Notre Dame de la Gorge

Arrivée aux Contamines-Montjoie à 15 heures. Le premier panorama sur le Mont Blanc exige une halte pour une photo. Au camping du Pontet, qui est notre lieu de rendez-vous, nous apprenons que Daniel et son fils sont déjà arrivés, ainsi qu’Olivier, Gauthier et Pauline. En attendant l’arrivée de Jean-Luc, nous allons faire une petite promenade à pied à Notre-Dame de la Gorge. On dit qu’un ermite y aurait installé, il y a 900 ans, un sanctuaire, qui devient « paroisse » au XIV°s, car ce fond de vallon est habité à cette époque ; l’église est reconstruite à la fin du XVII°s, une seul nef, des stucs, un retable dédié à Notre Dame de l’Assomption, puis d’autres retables ; dans le style baroque, l’église doit évoquer la gloire, la splendeur et le bonheur du Paradis promis aux hommes.

Jean-Luc et Marie-Charlotte, partis d’Aussois, sont passés à Samoëns et arriveront un peu plus tard. J’annonce par téléphone que le comité d’accueil est prêt, mais ils arriveront lorsque nous serons seulement sur le retour de notre promenade…Bon, finalement tout le monde se retrouve, nous commandons les petits déjeuners.

Nous allons faire des courses aux Contamines, car il faut aussi prévoir quelque nourriture pour les repas de midi ; nous n’aurons des points de ravitaillement que tous les deux-trois jours ; mais il faut limiter le poids. Jean-Pierre et moi, nous nous mettons vite d’accord : pain, fromage, saucisse sèche ; nous nous accordons aisément sur la frugalité, et la simplification de cette affaire ; le plus souvent d’ailleurs, lorsque nous prendrons des variantes différentes, c’est lui qui fera les courses pour notre ravitaillement commun, et qui en portera la plus grande partie ; qu’il en soit ici chaleureusement remercié.

Le repas du soir est pris, pour les uns, au gîte avec les provisions de route, pour les autres dans un restaurant des Contamines, avec un joli décor montagnard, mais une nourriture quelconque : potage ou taboulé, polenta, saucisse au viandox très salé, et vacherin maison au coulis de framboise ; pas léger, léger, tout ça.

Pendant la nuit nous entendons la pluie…et Olivier, qui, trouvant qu’il y a des ronfleurs, est allé dormir à côté : c’est un « nouveau », il manque d’expérience... Au réveil Jean-Luc nous annonce que lui, n’a pas entendu Olivier partir. Pourtant, lorsque nos voisins du dessus, motivés par des besoins pressants, ont traversé notre dortoir en jouant des claquettes, Jean-Luc les a calmés avec un très sonore « ce n’est pas bientôt fini ! ». En randonnée, les lieux de séjour et les nuits sont tout aussi pleine d’aventure et d’imprévu que les marches dans la journées, mais l’aventure se porte alors sur les phénomènes élémentaires mais nécessaires de la vie : manger, dormir, se laver, etc…Ils font l’objet d’échange d’impressions, que chacun partage ou écoute avec délectation.

Te voici prévenu, lecteur : ne sois pas choqué par certaines notations que tu pourrais juger triviales. Tu ne trouveras ici aucune réflexion sur la déréliction de l’existence, mais des histoires de pieds, de ronflements, de douches froides, de WC turcs, de repas revigorants ou de jurons dans la montée de l’Arpette … Plutôt « le torche cul » de Rabelais... que « l’immensité de ces espaces infini m’effraie » de Pascal !