Rome (hiver 2013)/littéraire/j6

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Vendredi 1er mars, quartier EUR et Trastevere

Quelques-uns d’entre nous profitent de cette journée libre pour s’immerger dans l’immensité et la puissance des thermes de Caracalla et y pique-niquer ou dans la richesse du musée de la villa Borghèse. La plupart décide de suivre les nouvelles explorations que propose Joëlle. En voici les grandes lignes.

Matinée : le quartier EUR et le musée de la Civilisation romaine

Parfaitement rôdé, le groupe démarre à 7 heures 50 de la pension et se dirige vers la station de métro Cavour ; direction Laurentine et arrêt à EUR Magliana.

Ce quartier EUR situé au sud de Rome, tient son nom de l’Exposition universelle romaine prévue en 1942 et annulée à cause de la guerre. Il fut construit sous l’impulsion de Mussolini, entre 1937 et 1941, achevé à la fin des années 50. Mussolini voulait créer un nouveau quartier administratif, réunissant les ministères, les ambassades, les sièges des grandes sociétés, des musées… et surtout en faire une vitrine de la grandeur de l’Italie. L’architecture néo-classique et écrasante des monuments, les matériaux − marbre, travertin, tuf −, toutes les sculptures, les éléments et détails sont autant de clins d’œil à l’Antiquité faisant écho à la volonté de Mussolini de s’inscrire dans cette tradition antique pour assurer sa légitimité ainsi qu’à sa folie des grandeurs pour honorer le fascisme.

Nous passons la matinée dans ce quartier administratif mais aussi résidentiel, culturel, traversé par de larges avenues, doté d’un parc et d’un lac qui le rendent moins austère. Quartier à découvrir quand on a le temps, sorte de bulle moderne et froide collée à la vieille ville chaleureuse.

Les arrêts

  1. Le Palais des Congrès
    Nous arrivons devant un pseudo Panthéon moderne, encadré par Castor et Pollux, une citation « À nos poètes », ses statues antiques, le Centaure qui enlève une lapithe devenu ici le taureau qui enlève l’Europe, le tout dans un style moderniste aux lignes épurées. Mussolini soutenait toute l’avant-garde artistique : architecture, peinture et musique.
  2. Le Palais de la Civilisation
    • Bâtiment colossal, à la structure très moderne, aux façades lisses comme la maison sans sourcils de Vienne, presqu’entièrement vitrées − les Romains savaient fabriquer les vitres mais pas les montants métalliques − une galerie qui évoque le portique des monuments antiques, l’arcade, les statues qui comme dans l’Antiquité représentent la légende de la fondation de la ville et les grands hommes.
    • Une borne rappelle la borne lumière de la Via Appia avec des inscriptions sur les quatre côtés.
    • Les statues des allées reprennent l’iconographie de l’Antiquité : le Triomphe, les castoris (culte de Castor et Pollux), le geste devenu le salut fasciste et la couronne de chêne des vainqueurs.
    Nous faisons le tour du Palais de la Civilisation du travail, descendons la via della Concordi. Seconde d’humour en passant devant un centre spa et compagnie, thermes modernes ! Nous traversons la via Beethoven, suivons une autre via avec ses sculptures modernes aux jeux sur la matière (lisse et relief) et sur les ombres.
  3. La piazza Marconi
    Nous marchons sous un portique moderne, croisons la rue de la Providence, traversons la via Cristoforo Colombo − né à Gênes donc italien – et débouchons sur la piazza Marconi dominée par un gigantesque obélisque dédié à Marconi, grand homme de l’histoire italienne. Sur cette place, endroit stratégique qui devait être le haut lieu de rassemblement des nations, l’obélisque y affirmait la puissance de la Nation. Les bâtiments composés d’un niveau à portique et d’un niveau de galeries soutenues par des colonnes de style dorique sans base, sont implantés de façon très symétrique. Un immeuble ne respectant pas les règles de l’Antiquité détonne dans le paysage.
  4. La place de la Civiltà Romana
    • Continuant notre cheminement, nous atteignons la place de la Civiltà Romana décorée de deux mosaïques contemporaines. Elles sont conçues dans le style moderniste de Fernand Léger, schématisé, sans perspective, avec des aplats et très peu de couleurs :
      • celle de gauche exalte les techniques et les Beaux Arts − muses de la musique et de la peinture −, l’aigle de Zeus symbolise le fascisme, le panier empli de vivres symbolise l’abondance et le serpent d’Esculape, dieu de la médecine chez les romains et dont les attributs étaient le serpent, le bâton, le coq et la coupe ;
      • celle de droite est consacrée à l’agriculture et à l’industrie, les deux mamelles du fascisme − surtout l’agriculture. On y distingue Cérès, déesse des moissons et de la fécondité, la représentation de la charité comme dans les iconographies antiques − l’Abondance est une femme qui tient un enfant assis dans ses bras.
    • Toujours dans l’esprit d’un quartier, vitrine de la puissance de la Nation italienne, Mussolini rassembla les musées dans ce secteur. Pas moins de cinq avec celui des Postes et des Télécommunications : le musée de la Préhistoire et d’Ethnographie, le musée du Haut Moyen Âge, le musée des Arts et des Traditions populaires et le musée de la Civilisation romaine, le plus intéressant que nous visiterons.
    Nous remontons la Via Civiltà Romana et débouchons sur la piazza Giovani Agneli où se trouve le musée de la Civilisation romaine. Nous croisons la via Sthendal, grand amoureux de l’Italie où il fit de nombreux voyages, passons près d’un immense édifice inachevé à la structure portante métallique ; signe de la crise !
  5. Le musée de la Civiltà romana
    Nous l’explorerons de 9 heures 30 à 11 heures 30 dans un froid glacial. Cette construction haute, non chauffée, peu hospitalière de prime abord renferme des trésors de richesse culturelle. Joëlle commente une série d’œuvres, à la fois illustration et piqûre de rappel de ce que nous avons découvert depuis le début du séjour.
    • Les cabanes du Palatin, ancêtre des structures modernes de l’architecture du XXe s. Les éléments porteurs sont les piliers.
    • La légende d’Énée fuyant Troyes.
    • La louve capitoline qui ouvre la gueule avec tête tournée vers un ennemi potentiel.
    • La louve antique maternelle.
    • L’autel de la piazza des Corporations avec le serpent et la louve qui a perdu sa tête. La présence de nombreuses bestioles et de fleurs permet de le dater de la fin du Ie ou début du IIe s. (Se reporter à l’ara pacis augustae.)
    • L’extraordinaire maquette de Rome : Tibre, île Tibérine, muraille cervienne, (IVe s.av JC). En 410, l’entrée des Goths dans Rome fut un véritable traumatisme pour les romains. Le Capitole et ses deux sommets, l’Arx et le Capitulium séparés par une dépression, l’Azylum, qui s’est comblée et l’actuel palais construit dessus.
    • La cérémonie du Triomphe, défilé des vainqueurs exhibant les vaincus depuis le Champ de Mars jusqu’au Capitole en passant par le Temple d’Hercule, le Circo Massimo, la Via Sacra, l’Arc de Constantin et le Forum.
    • Auguste de Prima Porta découverte en 1863 dans la villa de Livia :
      • sa tête est un portrait idéalisé, reconnaissable à ses traits fins de jeune homme, ses pupilles non marquées, imberbe, les cheveux courts, avec les deux mèches sur le front en pince de crabe, détail qui se retrouve dans tous les portraits officiels tous identiques d’un Auguste toujours jeune ;
      • cuirasse anatomique : en dessous une tunique et au-dessus, le manteau du général en chef ;
      • ses pieds nus symbolisent à la fois le héros et le défunt d’où la fonction funéraire de la statue ;
      • Le petit putti à ses pieds indique que le héros Auguste est fils de Vénus, elle-même descendante d’Énée.
    • La bataille d’Actum :
      • sur la cuirasse, une femme avec deux bébés, Romulus et Romus ;
      • en haut : char avec quadrige et Victoire ailée ;
      • le Dieu barbu représente le dieu Uranos, Dieu du ciel ; donc Octave Auguste règne sur toutes les saisons ;
      • un Romain et en face un Barbare qui rend un étendard de Légion − restitution des Enseignes perdues après négociations entre les parties. Il est outrageant d’avoir perdu les Enseignes.
    • Le trophée juif et l’Arc de Titus.
    • La représentation de l’Apothéose, divinisation dans un char qui monte au ciel − la marche du Triomphe est une divinisation temporaire.
    • Le relief de l’arc de Constantin et de Titus sous deux médaillons :
      • Constantin sur la tribune des Rostres, en habits militaires, s’adresse aux sénateurs et au peuple ;
      • personnages raides schématiques, avec grosse tête, non proportionnés, plis des tuniques sans réalisme.
    • Pratique du donativum : don de Constantin au peuple sous forme de bons que les gens iront échanger contre de l’argent dans un bureau. Un rappel : « le bon Pasteur » dans l’iconographie chrétienne est un thème emprunté à cette tradition ancienne du monde grec d’abord puis romain.
    • Le plan architectural est le plan type des premières églises chrétiennes :
      • chez les chrétiens, La basilique est le nom honorifique donné à une église ;
      • la cathédrale tient son nom de cathedra, siège où s’assoit l’Évêque ;
      • l’abbatiale appartient à une abbaye ;
      • la collégiale appartient aux moines.
    • Sarcophage en porphyre de la fille de Constantin :
      • les rinceaux, motifs d’arabesque de feuillage de fleurs ou de fruits ;
      • les putti vendangeurs font allusion à Bacchus et Dyonisos ;
    • Autre sarcophage avec la plus ancienne représentation de la Nativité. Il n’y a pas de rupture entre l’iconographie romaine et l’iconographie chrétienne.
    • Moulin à grains d’Ostie
    • le must du musée, la salle consacrée à la colonne Trajan qui relate la victoire de Trajan sur les Daces: les panneaux qui composent la colonne sont installés en enfilade et permettent la lecture précise des événements ; témoin iconographique majeur :
      • Celtes exhibant les têtes des vaincus, pratique barbare ;
      • chevaliers cuirassés ;
      • enseignant assis sur sa catèle, élève avec sa rotulus ou tablette.
    • Autre maquette de Rome.

À 11 heures 30, nous terminons cette visite passionnante du musée, éblouis bien que frigorifiés et nous nous regroupons devant le musée.

La décision est prise de pique-niquer sur les bancs de pierre − les sous-culs sont appréciés ! Légèrement réchauffés par notre collation et une boisson chaude, nous repartons vers 12 heures 40 pour d’autres découvertes.

Après-midi : Le Trastevere et le Janicule

Nous quittons ce quartier EUR moderne mais sans âme, en passant devant l’immense immeuble de la Poste italienne. Dans l’axe de la via C. Colombo, une gigantesque soucoupe volante semble posée sur le sol. C’est le Palais des Sports. Les routes enjambent un parc, entièrement creusé dans le sol, poumon du quartier. Des travaux impressionnants donnent à ce quartier une ampleur éblouissante. Malheureusement bien que fonctionnel et aéré, l’ensemble reste trop impersonnel, froid et sans âme.

Nous reprenons le métro à la station EUR Palasport, direction Rebibbia et descendons à Circo Massimo. Le métro traverse de grandes friches industrielles.

Les arrêts

  1. Circus Maximus
    Il est 13 heures 20 et nous retrouvons avec plaisir des lieux plus chaleureux, devenus familiers. Nous longeons le grand Cirque romain où se déroulaient des courses de chevaux et de chars autour d’un terre-plein central, la spina où Auguste fit dresser l’obélisque qui décore maintenant la piazza El Popolo. Au IVe s. Constance II fit dresser celui installé depuis sur piazza di San Giovani in Laterano. Situé dans la dépression entre le Palatin et l’Aventin, lieu où furent enlevées les Sabines lors de jeux organisés par Romulus, ravagé par trois incendies, il ne reste aujourd’hui qu’une grande pelouse, quelques vestiges des Thermes de Septime Severe et de la maison d’Auguste.
    Nous passons devant un bâtiment public de l’époque.
  2. La piazza Bocca della Verita
    Cette place très proche du Tibre était l’ancien marché aux bœufs ou foro Boario installé près du port. Les deux temples de l’ère républicaine sont miraculeusement bien conservés.
    • Le temple rond d’Hercule, le plus ancien, en marbre de Rome. Hercule appartient à la légende fondatrice de Rome. Vingt colonnes corinthiennes cannelées entourent une cella en marbre recouvert de travertin. L’émarchement est de type italo (c’est-à-dire grec-romain).
    • L’arc tétrapyle de Janus (ou Giano), dieu des passages, n’est pas un arc de triomphe mais un tétrapyle c’est-à-dire un édifice à quatre faces et quatre entrées. De plan carré, il est constitué de quatre piliers en béton recouverts de marbre. Cet arc tardif du IIIe s., couvert, abritait du soleil ou de la pluie, les romains y traitaient leurs affaires. À l’époque républicaine, un arc s’appelait un janus. Puis il devint un fornix et enfin un arcus.
    • L’arc de Constance II du IVe s. de notre ère.
    • Le temple rectangulaire de Portunus, dieu des fleuves, des ports et des bateliers.
      • Sa reconversion en église au IXe s. le sauva certainement de la démolition.
      • Construit sur un très haut podium avec un pronaos (l’avancée) soutenu par des piliers d’ordre ionique. Les colonnes engagées de la cella sont en travertin. Ce temple est d’inspiration grecque reconnaissable à la présence d’une opistodum, ou opisthodome, chambre située derrière le naos dans les temples grecs. Des pierres dressées recouvrent le parement en tuf.
    • A côté, l’église orthodoxe en briques rouges où défilent de nombreux visiteurs. Ils viennent voir la plaque en marbre avec la bouche ouverte, la Bouche de la Vérité qui proviendrait du temple d’Hercule.
  3. L’ile Tibérine
    Notre circuit nous amène au Tibre, particulièrement boueux, au niveau de l’île Tibérine que nous dominons. Seule île de Rome, elle est reliée aux berges par les plus anciens ponts de la ville : les ponte Cestio et Fabricio. Étonnante structure blanche en forme de navire, difficile d’accès à cause des crues violentes du Tibre. Une église à campanile roman se dresse depuis le Xe s. sur l’emplacement du temple en travertin dédié à Esculape, dieu guérisseur donc de la médecine, érigé au IIIe s. av. J.-C. Les malades étaient mis en quarantaine sur l’île. Puis le grand hôpital Saint-Jean-de-Dieu fut construit à proximité.
    Nous descendons sur les berges du Tibre pour rejoindre l’île Tibérine dont nous faisons le tour. Sur la berge de l’île, gisent des restes de colonnes appareillées et une meule de moulin, vestiges des moulins emportés par la crue de 1902. Ces moulins furent installés près du Tibre après qu’un Barbare eut détruit les deux aqueducs construits par Trajan pour amener l’eau d’un lac situé au nord de Rome, alimenter le moulin à eau en haut du Janicule. À cette époque de l’année, l’île est bien déserte.
    Coup d’œil sur les ponts : le pont Fabricius, avec ses deux têtes en pierre et sa tour, appartenant à deux familles qui contrôlaient le passage stratégique vers le Trastevere et le pont Cestius qui offre une très belle vue sur le pont Rotto ou pont rompu, emporté par la crue de 1598.
  4. Le quartier du Trastevere
    Après cette promenade apaisante, nous émergeons sur l’autre rive du Tibre dans le vieux quartier du Trastevere aux demeures médiévales et avançons jusqu’à la piazza di Santa Maria in Trastevere sur laquelle se dresse l’église éponyme et une fontaine.
    • Visite rapide mais incontournable de l’église construite sur le premier sanctuaire officiel d’une religion minoritaire, le Christianisme, véhiculé dans ce quartier populaire proche du port par les marins et marchands. Dans l’élévation, on reconnaît le plan basilical avec les trois nefs dont la nef haute. Subsistent des mosaïques de l’Antiquité chrétienne. Dans l’abside, six panneaux du XIIIe s. faits de superbes mosaïques illustrent la vie de la vierge. La façade fut rénovée en réutilisant des colonnes.
  5. Le Janicule
    Nous nous rassemblons près de la fontaine, abandonnons les ruelles pour remonter la via Garibaldi vers le mont Janicule. Nous quittons la via Garibaldi pour franchir une grille et continuer de monter le long de la via Montorio que suit un chemin de Croix, jusqu’à la piazza di San Pietro in Montorio sur laquelle fut bâtie l’église Saint-Pierre du Mont. Nous regrettons le temps couvert qui brouille la magnifique vue sur Rome depuis cette esplanade.
    • Visite du Tempietto, superbe édifice imaginé par Bramante, architecte du XVIes.
      • L’oratorio avec la statue de saint Pierre, construit dans la cour intérieure d’un couvent situé sur le côté de l’église, œuvre de Bramante, est un des plus grands chefs-d’œuvre de la Renaissance italienne. Soumis aux énormes contraintes de l’exiguïté du lieu, Bramante conçut un temple rond, de petite taille mais aux proportions parfaites qui fit l’admiration de ses contemporains. Édifie selon le modèle antique, sur le troisième lieu présumé de la crucifixion de saint Pierre − le premier étant la place de l’église et le second à côté de l’église.
      • Trois degrés d’emmarchement, comme en Grèce, une structure à péristyle avec des colonnes monolithes en grès gris d’ordre toscan − ordre local ou romain ou étrusque, hérité de l’ordre dorique, sans base.
      • Entablement de type dorique avec l’architrave qui repose sur chapiteaux à deux, les gouttes de pluie et la frise dorique − alternance de triglyphe et de métopes liés au message chrétien : calice, clé, tiare.
      • Bramante ajoute une coupole avec un lanternos posée sur un tambour relativement haut et composé d’une alternance de niches à coquilles et de structure en fenêtre − le tambour est un élément renaissance qui donne de la hauteur. Le rayon de la coupole égale la hauteur du fût qui la soutient. Une balustrade délicate entoure l’ensemble.
      • Dans le sanctuaire, un pavement de style cosmatèque, utilisant la technique de l’opus sectile (appareil découpé), technique de mosaïque, typique de l’époque du Moyen Âge en Italie et en particulier à Rome, qui utilise des fragments de marbre des ruines romaines antiques pour réaliser des décorations géométriques. Ce style fut inventé par les Cosmati, groupe d’artisans marbriers des XIIe et XIIIe s.
      • Sur l’autel, la crucifixion de saint Pierre avec la tête en bas.
      • Globalement, la forme de l’oratorio rappelle la structure de la tholos − tombe mycénienne à coupole et plus couramment désigne un édifice rond − avec la cella à l’intérieur. L’espace inférieur est caractéristique des édifices chrétiens qui conservent les restes des martyrs − culte martyrien qui consiste à s’approcher le plus près possible du corps du martyr pour être sanctifié.
    • L’église martyriale de San Pietro in Montorio dont la construction fut financée par Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, le territoire espagnol jouxtant l’église.
      • Décoration en rinceaux d’acanthes sur les parois du soubassement.
      • Intérieur très sombre avec un orgue qui épouse la forme du chœur, peu courant.
  6. Le circuit des libérateurs de l’Italie
    Nous finissons de monter sur le Janicule pour nous arrêter à la fontaine Paola, fontaine verticale géante avec les vasques en bas. Nous sommes frustrés de ne pouvoir apprécier la magnifique vue sur la ville. Nous distinguons quand même les monuments essentiels, ce qui fait une bonne révision. Nous continuons le long de la promenade bordée de bustes de personnages importants − comme sur le forum d’Auguste − et arrivons à la grande place où se dresse la statue de Garibaldi à cheval, le regard tourné vers le Vatican − il voulait soumettre le pape.
    • Le monument se réfère à l’iconographie antique, celle de Marc-Aurèle au Capitole. Nous retrouvons :
      • les quatre pieds du cheval au sol ;
      • la louve capitoline ;
      • la couronne antique faite de laurier (empereur), de chêne (pour le civil) rassemblés par un nœud ;
      • le faisceau et la hache ;
      • les trophées ;
      • les femmes aux seins nus, coiffées du bonnet phrygien et la déesse Roma ;
      • à droite, Mercure avec ses ailes et à gauche, Cérès ;
      • la bataille contre le pape.
    Quelques belles voix du groupe, vêtues d’une chemise rouge à l’instar des révolutionnaires, chantent l’hymne révolutionnaire italien devant le monument à l’étonnement des quelques passants.
    Nous continuons notre montée jusqu’à la statue d’Anita Garibaldi sur son cheval, en position d’amazone, portant un enfant et un pistolet.
    Nous doublons le phare offert par les italiens d’Argentine puis entamons la descente du Janicule par l’escalier qui ramène face à Saint-Pierre et au château Saint-Ange. La boucle est bouclée.

Ici s’arrête le contrat de Joëlle qui a néanmoins la gentillesse de nous ramener jusqu’à la via Emmanuel II. Nous passons devant « son logis », son « chez elle », genre chambre d’étudiant qu’elle loue lors de ses stages, qui donne sur une cour intérieure très calme puis nous regagnons notre pension, la tête encore bien pleine et les jambes fatiguées.

Soirée

Après un dîner animé, où nous mangeons de bon appétit, comme d’habitude, nous nous retrouvons tous à l’AG, exceptionnellement tardive. Michel ouvre la session par une dédicace de son cru :

J’écris au nom des Benbistes
Oh Joëlle !, grand pontife, maître très illustre,
À Rome, tu nous as fait venir,
Nous sommes venus et nous avons vu Rome
Oh Joëlle, le peuple des BenBistes te couvrent de louanges.
Au final, merci à Jean-Luc car, si Bassée en Balade n’existait pas, ce séjour n’aurait pas eu lieu.

Cette envolée lyrique néanmoins sincère et vraie, déclenche une hilarité générale sans pour autant déstabiliser notre maître qui présente son bilan.

Joëlle présente son bilan du séjour : accueil excellent des sœurs, ciel plutôt clément après un départ difficile. Le séjour s’est bien passé, sans incident malgré la taille du groupe qui la faisait un peu frémir.

Elle remercie les deux responsables, Patrice et Jean-Luc qui ont pris chacun un groupe en charge ainsi que les « bonshommes jaunes » affublés de leur veste jaune fluo, excellents points de repères pour nous et les automobilistes lors des traversées d’avenue. Les italiens roulent vite mais sont courtois. Elle n’oublie pas les marcheurs, très attentifs aux commentaires, qui ont accepté sans rechigner « la tyrannie » de la discipline !

Joëlle a été très sensible et a beaucoup apprécié « cette relation d’amitié et de partage autour de choses belles, intelligentes qui donnent du bonheur. C’est une joie de constater que cet intérêt a été partagé je vous en remercie mille fois ».

Le secrétaire « Tonton Daniel », épaulé par Michel qui pontifie en latin − nous sommes à Rome −, entre en lice pour présenter la cérémonie habituelle d’intronisation des nouveaux adhérents de Bassée en Balade, en l’occurrence Michèle, grenobloise et amie de Monique. La remise de son cadeau, une super miniature en plastique du Colisée, sa réaction spontanée, les élucubrations latines de Michel ont déclenché un fou rire général.

Le jeu entre les compères continue lors de la remise du cadeau à Joëlle. Patrice a une information de la plus haute importance pour la destinée de Joëlle, à savoir la découverte de l’inscription de Bavay témoin de l’histoire romaine. Il fait allusion aussi aux fonctions féminines d’autorité dont Joëlle a largement fait preuve pendant ce séjour pour la bonne marche de l’entreprise qui fut une réussite.

Rueil-Malmaison, mercredi 18 juin 2014
Renée-Claude Joly

Le parcours

Durée totale : 9 heures 30.
Méteo :

  • Longueur de l'itinéraire : 22 km
  • Dénivelé positif cumulé : 190 m
  • Dénivelé négatif cumulé : 190 m
  • Altitude maxi : 100 m
  • Altitude mini : 15 m
  • Altitude moyenne : 40 m